L’école EAVK de Butare
L’Ecole Agri-Vétérinaire de Kabutare, fondée en 1937 par les frères de la Charité de Gand fait partie du dispositif de formation de techniciens capables d’assumer le rôle de promotion du développement rural. En plus des techniciens vétérinaires A2 filles et garçons, elles forment également des techniciens agronomes et des lauréats destinés à entrer à l’Université pour étudier les sciences. Alors que cette école jouissait d’une excellente réputation avant la guerre et le génocide de 1994, elle a vu la qualité de sa formation baisser dramatiquement suite à la perte de la majeure partie de son corps enseignant et au pillage. C’est pour redresser cette situation que VSF-B a appuyé l’école de 2001 à 2007.
Interview d'un technicien vétérinaire
Interview d'un technicien vétérinaire soutenu par le projet Proxivet mené par VSF-B et Imbaraga dans la région de Butare.
La médecine vétérinaire

Technicien vétérinaire réalisant une pulvérisation anti-tiques.
Les techniciens vétérinaires
Au Rwanda, les techniciens vétérinaires sont très nombreux. Professionnels de l’élevage, ils ont appris les techniques de base de la médecine animale dans l’une des treize écoles secondaires spécialisées du pays. Leurs missions : fournir les premiers soins aux animaux d’élevage pour les pathologies courantes et interventions simples ( castration, soins aux plaies ), faire de la prévention ( vaccination, détiquage, … ), gérer les stocks d’intrants vétérinaires, conseiller les éleveurs et contribuer à la surveillance et à la vigilance épidémiologique.
Proches des paysans, ils connaissent parfaitement leur contexte et leurs problèmes. Tous ne pourront malheureusement pas s’installer comme techniciens privés. Les places sont rares et les éleveurs ont peu de moyens financiers pour payer les consultations. S’installer en tant que technicien privé est un pari risqué. Après des études coûteuses, il est parfois difficile d’oser se lancer comme indépendant dans un environnement si peu sécurisé et sans aucune formation en management. Une partie d’entre eux s’installent donc en tant qu’agro-éleveurs modèles. Mettant en pratique les connaissances acquises à l’école, ils développent des fermes novatrices qui serviront d’exemple aux autres paysans.
Le rôle du technicien vétérinaire est très important car il est proche des paysans. Il prodigue conseils, soins et vaccinations. Le technicien soigne l’homme à travers l’inspection des maladies animales qui pourraient se transmettre à l’homme. Afin qu’il soit encore plus efficace, il est important de soutenir leur formation.
Le proxivet
Depuis 2008, VSF-B et Imbaraga mettent en place le projet Proxivet Sud Rwanda. Le but de ce projet est de rapprocher les éleveurs, demandeurs d’un service vétérinaire de qualité et les techniciens qui ont envie de valoriser leur savoir-faire et de vivre décemment de leur métier. La finalité de cette action est de lutter contre la faim et la pauvreté en soutenant l’élevage. Le projet met à la disposition des techniciens du petit matériel vétérinaire, un fond de roulement en médicaments et un vélo qui leur permet d’atteindre les éleveurs des collines.

Technicien vétérinaire installé dans la région de Butare.
Le statut des vétérinaires rwandais
En Afrique des Grands Lacs (Congo, Burundi, Rwanda), il n’y a que 2 facultés de médecine vétérinaire. Les docteurs vétérinaires sont donc rares, on en compte environ une cinquantaine au total dans tout le Rwanda. Les vétérinaires rwandais ont donc du pain sur la planche ! Mais encore une fois, les risques sont grands de se lancer comme indépendant dans ce domaine. La plupart s’orientent vers un travail dans l’administration ou s’installent dans les provinces les moins pauvres, ou tout près des villes.
Vers une privatisation de la profession.
Le Rwanda prévoit de privatiser la médecine vétérinaire, mais il n’y a pas encore de lois régissant l’exercice de la médecine vétérinaire à titre privé. Il est donc évident que tous les intervenants dans la filière (les techniciens vétérinaires, les docteurs vétérinaires, l’administration ainsi que les agro-éleveurs) restent dans l’expectative. Le pays est dans une logique récente d’intensification de l’élevage et de l’agriculture. Un service vétérinaire de qualité où le vétérinaire privé exerce sa profession et où l’Etat s’assure que le service rendu est effectivement de qualité est plus que nécessaire.
En Belgique, deux universités délivrent le diplôme de Médecin Vétérinaire: l'Université de Gand et l'Université de Liège. Les études de premier cycle (3 premiers bacheliers) peuvent toutefois être réalisées dans d'autres institutions: en région néerlandophone, l'Université d'Anvers, en région francophone l'Université Libre de Bruxelles, l'Université Catholique de Louvain ou les Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur.
La première année apporte essentiellement des connaissances scientifiques générales, dans les domaines de la physique, de la chimie, de la biologie, des mathématiques... Les deux années suivantes doivent familiariser l'étudiant avec l'animal dont la morphologie, la structure interne, le comportement et les besoins sont normaux. La description générale des "microbes" et de leur mode de propagation est également enseignée à ce stade. Ces trois années sont donc assez contemplatives, au regard de l'art vétérinaire.

Les trois années de "master" visent à connaitre et reconnaitre les agents pathogènes et leurs relations avec l'animal. Une part de plus en plus grande est laissée à l'exercice "actif" de l'art vétérinaire: chirurgie, contrôle de la reproduction, génétique quantitative, nutrition, zootechnie, inspection et contrôle des denrées alimentaires. La dernière année privilégie les activités pratiques, sous la supervision d'un maître de stage et du personnel universitaire.
Deux options principales sont offertes en cours de deuxième cycle: celle des animaux de compagnie et des équidés, et celle des animaux de rente. La première rencontre plus d'intérêt de la part des étudiants.
L'obtention du diplôme de médecin vétérinaire permet d'exercer l'art de la médecine vétérinaire. Certains diplômés choisissent de continuer une ou deux années d'études complémentaires, dans les domaines des denrées alimentaires, de la médecine vétérinaire spécialisée ou des sciences tropicales. Certains s'investissent dans la recherche en réalisant un doctorat conduisant au titre de docteur en sciences vétérinaires, après 3 ans d'études et de recherche au minimum.
Actuellement, plus de 4000 vétérinaires exercent leur profession en Belgique, la plupart en pratique médicale, sinon dans les abattoirs, en industrie, ou dans des structures (para-)étatiques.